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    Fonctions documentaires » IV - Rechercher, partager l'information, veiller  » IV-10 Recherche d'informations et veille  » IV-10-60 Les apports des archives ouvertes à une démarche de veille
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    DOC-IV-10-60
    Les apports des archives ouvertes à une démarche de veille
    Thèmes de l'article : Veille , Recherche d'information , Informatique documentaire
    Résumé

    1- La veille académique entre abondance de références et rareté du texte intégral

    1.1 La veille académique : mode de management stratégique de l’information scientifique

    Dans des environnements perçus comme complexes, il est nécessaire de mettre en place une démarche de veille pour réduire au maximum l’incertitude et pour aider à prendre la meilleure décision.

    La norme AFNOR XP X50-053:1998 définit ce mode de management de l’information comme une « activité continue et en grande partie itérative, visant à une surveillance active de l’environnement technologique, commercial, etc., pour en anticiper les évolutions ». Un des facteurs clés de succès d’une démarche de veille repose sur la qualité du sourcing, c’est-à-dire de la sélection des sources d’information à exploiter. Elles sont traditionnellement qualifiées de blanches (information aisément et licitement accessible), de grises (information licitement accessible mais difficulté pour la connaître et pour y accéder) et de noires (information à diffusion restreinte et dont l’accès ou l’usage est explicitement protégé). Une des qualités demandées au veilleur est de réussir ses acquisitions d’informations blanches ou grises dans les meilleurs délais. Cela lui permet de disposer ensuite d’assez de temps et d’attention pour analyser son corpus et transmettre ses analyses et livrables de veille à la bonne personne et au bon moment.

    Les évolutions techniques et politiques rendent les catégories de ce classement parfois poreuses. Certaines informations autrefois grises peuvent passer dans la catégorie blanche et inversement. Les publications scientifiques sont en partie concernées grâce aux gains d’accessibilité obtenus par l’essor du mouvement Open Access et Open Archive Initiative. Ce changement procure de nouveaux champs d’investigation et d’exploitation à la veille académique. Cette dernière peut être définie comme un processus ciblé d’acquisition et de création de sens d’informations académiques et scientifiques venant de sources directes (interviews, conférences, entretiens avec un chercheur, thèse…) ou indirectes (analyses de littérature, citations...).

    1.2 La nécessaire et difficile exploitation de la littérature scientifique

    La littérature scientifique est abondante puisqu’une des missions du chercheur est de faire connaître ses idées et ses travaux. Il émet donc par nature des signaux dans son environnement en publiant, pendant au moins une partie de sa carrière, dans des revues, en participant à des colloques, en intervenant dans des projets de recherche avec des entreprises ou des collectivités, etc. Bref tout un ensemble de signaux qui peuvent avoir du sens pour certains veilleurs qui sont en capacité de les interpréter. Les enjeux pour le veilleur consistent alors à localiser les lieux d’émission, à savoir repérer, qualifier et surveiller les chercheurs clés, à accéder à leurs publications et à les exploiter, etc. Les stratégies communes de recherche sont la construction d’une requête avec des mots clés pertinents, l’identification des auteurs, des revues et des éditeurs de qualité.

    L’exploitation par le veilleur de publications académiques ciblées permet ainsi :

    • de sortir du traitement court terme de la presse professionnelle ou d’actualités immédiates ;
    • d’accéder à des travaux d’expertise de première main, non encore exploités et/ou déformés ;
    • de changer d’angle de vue dans la façon d’aborder un problème ou une thématique (l’intelligence économique est par exemple traitée dans le domaine des relations internationales, des sciences de gestion, des sciences politiques, des sciences de l’information et en mathématiques) ;
    • d’être à jour des connaissances dans un domaine grâce aux revues de littérature des chercheurs ;
    • de déceler des tendances nouvelles ou de confirmer des tendances lourdes ;
    • d’accéder à de la connaissance nouvelle ;
    • d’accéder à des informations de terrain (analyse d’un secteur d’activité, résultats de questionnaire, etc.) ;
    • de découvrir de nouveaux experts ou réseaux d’experts ;
    • d’accéder à des informations indirectes (découvrir des éléments de politique générale d’une entreprise qui était un terrain d’étude pour un chercheur, etc.).

    C’est ainsi que l’étude des publications scientifiques de chercheurs employés par Google avait permis d’anticiper la réforme de son algorithme de classement en 2012. Certains veilleurs avaient ainsi repéré les articles scientifiques publiés par Biswanath Panda sur les technologies de calcul distribué. Ils avaient prévu que Google utiliserait un système d’auto-apprentissage pour séparer les bons sites des mauvais. Ce changement algorithmique s’appellera par la suite : Google Panda.

    Depuis son master recherche et le début de son travail de thèse, le chercheur balise son terrain par des publications dans des cahiers de recherche, des posters exposant son sujet dans des colloques ou manifestations publiques, des communications dans des conférences ou des articles dans des revues à comité de lecture. Cette recherche de notoriété lui permet de se positionner pour attirer l’attention de sa communauté scientifique de proximité afin de susciter des collaborations ou pour se faire embaucher par un centre de recherche ou une école. Cela lui permet aussi de limiter l’arrivée de nouveaux chercheurs dans ses thèmes de recherche et d’éviter de se faire plagier.

    Au fur et à mesure de sa progression, la logique reste la même mais sa recherche est visible dans d’autres revues ou colloques qui ont des comités de lecture plus exigeants. Pour y voir plus clair, les institutions ont créé des classements, selon des éléments internes de politique générale et selon le facteur d’impact (impact factor). Celui-ci évalue les revues sur la base des citations des articles qu’elles contiennent. Il s’agit, pour une année n, du rapport entre le nombre de citations d’articles publiés dans une revue au cours des deux années n-1 et n-2, et le nombre d’articles publiés dans la même revue au cours de ces deux mêmes années. Un classement est établi par thématique scientifique et, à chacune des revues, est attribué un rang. Thomson Reuters propose à ce sujet une série de services payants adaptés comme Web of Sciences, Journal Citation Reports ou le Data Citation Index.

    La littérature scientifique : une production abondante mais un référencement insuffisant

    Vous pouvez par exemple découvrir sur le site de l’European Science Foundation le travail réalisé par le consortium HERA (projet ERIH) pour classer, en fonction de leur visibilité internationale, des revues en A, B, C dans le domaine des sciences humaines. Ces classements de revues sont très utiles pour se repérer parmi les 24 000 revues académiques (selon CrossRef).

    Pour consulter les articles et profiter d’autres ressources académiques, il est nécessaire d’utiliser différents outils de recherche (tableau 1.1). En effet, il n’existe pas un outil global par discipline qui permettrait de réaliser des recherches approfondies sur des index importants. Cela s’explique notamment par la limite technique des outils, les politiques de référencement insuffisantes des centres de recherche ou des universités, les accords commerciaux d’exclusivité entre des éditeurs de revues et de base de données.

    Tableau 1.1 – Panorama des différents outils
    pour obtenir des références et/ou des publications scientifiques

    Types de documents

    Outils de recherche

    Exemples

    Thèses

    Catalogue local, national ou international

    SUDOC (France)

    Site d’archives de bibliothèques

    Cyberthèses (Lyon)
    KVK (européen)
    WorldCat (monde)

    Articles publiés
    dans des revues académiques avec
    ou non un comité de lecture

    Base de données payantes

    EBSCO Publishing produit et diffuse plus de 300 bases de données

    Portail

    Isodore

    Moteur spécialisé

    Scirus

    Communications (colloques, conférences)

    Site des conférences ou d’appels à communication

    Calenda

    Site de partage

    Slideshare

    Sites des institutions de rattachement des chercheurs

    Credoc :

    Cahiers et notes de recherche ou assimilés

    Site des écoles-universités, centres
    de recherche
    ou think tank

    Les notes et analyses de l’IRIS (think-tank et école) en relations internationales

    Mémoire master

    Catalogue de bibliothèque local ou national

    SUDOC (France)
    Brise-es (Saint-Etienne)

    Articles preprint

    Serveurs institutionnels ou thématiques

    arXiv

    Prise de parole, échanges

    Blogs personnels, réseaux sociaux

    Affordance (blog d’Olivier Ertzscheid)
    ResearchGate

    L’exploitation difficile mais possible des articles de recherche

    Difficiles d’accès aux lecteurs non scientifiques, les articles de recherche ne leur sont pas inabordables pour autant. La production de la connaissance nouvelle obligeant à respecter un certain nombre de critères scientifiques, il devient vite possible de les repérer. Pour mieux comprendre le contenu d’un article de recherche et son articulation, il est intéressant de se procurer les ressources de formation mises à disposition des chercheurs (usuels de recherche, cahier des charges intellectuels, etc.). On s’aperçoit ainsi à la lecture d’un usuel de recherche en sciences sociales que la majorité des articles respecte le cheminement suivant :

    1. Phase de rupture
      1. La question de départ
      2. L’exploration (va-et-vient entre les lectures et les entretiens exploratoires)
    2. Phase de construction
      1. La problématique
      2. La construction du modèle d’analyse
    3. Phase de constatation
      1. L’observation
      2. L’analyse des informations
      3. Les conclusions

    Grâce à ces repères, il n’est donc plus nécessaire de lire l’article en intégralité et il est possible de se rendre directement sur les parties intéressantes. La revue de littérature est un élément souvent privilégié car elle contient une synthèse logique et une analyse critique des lectures choisies et justifiées. Bref, une fois le mécanisme enregistré, il devient possible de se repérer et d’allouer de façon pertinente son attention sur certains passages de l’article ou de l’étude.

    Un exemple d’exploitation : les références bibliographiques

    L’étude des références bibliographiques est utile puisqu’elle recense tous les matériaux utilisés par le chercheur pour la construction de son projet de recherche. Nous avons donc à disposition une revue de littérature de base et actualisée (souvent les textes fondateurs et/ou indispensables à lire) et un référencement de documents invisibles sur le web (commentaires de livres, présentation PowerPoint, preprint, identification de chaires de recherche, de nouveaux lieux de conférences, etc.) Bref, l’accès à ces références bibliographiques permet de gagner beaucoup de temps en procurant une vision assez complète d’un sujet et en fournissant de nouvelles pistes d’investigations.

    Comme ces références bibliographiques sont une obligation pour un article scientifique, nous avons ainsi une assurance de sa qualité mais non de son exhaustivité. L’affiliation à un maître de thèse ou à un courant de pensée, l’adoption d’une posture épistémologique particulière, la nationalité du chercheur ou les spécificités de la discipline scientifique restent des variables importantes.

    La présentation de ces références bibliographiques respecte un style particulier choisi dans une liste issue ou adaptée de la norme internationale ISO 690. Notons qu’il existe des règles internationales ou propres à certaines disciplines. Parmi les plus utilisées, il y a l’Open University du Harvard Style, Chicago/Turabian, APA (American Psycological Association), MLA (Modern Langage Association) ou encore Vancouver/ICMJE.

    L’adoption d’un style parmi une liste contrôlée permet de présenter un ensemble homogène, compréhensible et facilement exploitable par tous. Cela permet notamment aux lecteurs de comprendre le raisonnement de l’auteur (notion de cercles de preuves) et de retrouver précisément les références.

    Ce travail d’exploitation des références bibliographiques peut être accompagné d’un logiciel spécialisé. EndNotes (payant et très complet. Editeur : Thomson Reuters), RefWorks (Editeur ProQuest) et BibTeX (conçu par O. Patashnik et L.Lamport pour LaTeX) sont parmi les plus connus. Ils permettent de créer et de gérer des bases de données bibliographiques personnelles en important directement des références du web, des bases de données ou des catalogues. Il est donc possible de constater quels thèmes sont souvent traités, de créer des chronologies dans les publications, de remonter des « filières bibliographiques » en créant des liens entre des auteurs et des revues, etc.

    De nombreux moteurs spécialisés comme Google Scholar, de bases propriétaires comme Ebsco ou d’archives ouvertes comme Hal Inria proposent des exports pour ces logiciels (figure 1.1).

    Exemple de possibilités d’export bibliographiquedepuis l’archive ouverte HAL  http://hal.inria.fr/

    Figure 1.1 – Exemple de possibilités d’export bibliographiquedepuis l’archive ouverte HAL
    http://hal.inria.fr/

    Le logiciel libre et Open Source Zotero peut être une bonne solution pour débuter l’exploitation des bibliographies dans le cadre d’une veille académique. Il permet (via le plugin intégré au navigateur ou via la version logiciel à installer Zotero Standalone) d’importer des références de nombreux documents (carte, thèse, brevet, livre, article, etc.), de lier des pièces jointes, des mots clés (fournis par le fournisseur ou créés personnellement), des notes personnelles ou de demander une visualisation graphique et chronologique des références. Bref, un ensemble de fonctionnalités qui permettent de créer des bases de données personnelles, de remonter des filières bibliographiques, de faire apparaître des circuits de pensée, de travailler sur des taux de citations, etc.

    L’identification et la qualification des auteurs

    Volontairement ou non, les chercheurs laissent sur Internet des traces de leurs activités et/ou de leurs échanges. Avec une grille de recherche précise (figure 1.2), il est possible de profiter du web 2.0, des réseaux sociaux, des bases de données pour récolter des données et des documents. Après un travail d’analyse, de mise en relation et de perspective, il est devient alors possible de « profiler » un chercheur et de savoir s’il s’agit ou non une personne pivot ou clef qu’il convient de surveiller.

    Grille indicative de questionnement pour identifier un chercheur clé

    Figure 1.2 – Grille indicative de questionnement pour identifier un chercheur clé

    Malgré les techniques appropriées et les outils qui s’améliorent, il reste la difficulté de se constituer des paniers personnels et complets de sources internationales (hors G20) mêlant les publications de différents rangs et des travaux intéressants même si non soumis à la validation de pairs. La poursuite de la révolution Internet et la vitalité de son écosystème commencent à depuis quelques années à apporter des solutions à cette difficulté d’accès.


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